Assemblée des déléqués UPSA 2019 avec son partenaire FIGAS

À l’assemblée des délégués de l’UPSA à Unterägeri, Urs Wernli (président central) a demandé aux politiques qu’ils remédient sans tarder à l’engorgement sur le réseau des routes nationales... et a reçu une visite d’un futur lointain.

2019 est une année électorale. Les débats de l’assemblée des délégués de l’UPSA qui s’est tenue à Unterägeri ont donc essentiellement porté sur la politique. Les prévisions de la Confédération laissent peu de place à l’interprétation : d’ici 2040, le trafic individuel motorisé devrait avoir augmenté de 18 % et le transport routier de marchandises même d’un tiers. « Nous parlons ici de la hausse au cours des 20 prochaines années. En fait, vu que les projets de construction routière s’inscrivent dans le long terme, c’est comme si nous y étions », observe Urs Wernli, président central de l’UPSA, dans son exposé : « Les usagers de la route resteront donc bloqués dans les embouteillages encore plus souvent. » Le préjudice économique est considérable. Aujourd’hui, les embouteillages nous coûtent déjà près de 1,8 milliard de francs par année. U. Wernli a exigé que le « développement de l’infrastructure routière nécessaire de toute urgence » soit mis en œuvre et que des solutions soient adoptées pour remédier à l’engorgement.

Pierre Daniel Senn, vice-président, a évoqué les élections fédérales suisses du 20 octobre 2019 et mis en garde contre un glissement vers la gauche et les verts. Il a lancé un appel aux délégués et aux nombreux invités présents : « Engagez-vous au sein de vos sections ! Pour le Conseil national et le Conseil des États, soutenez les candidates et candidats qui ont des idées compatibles avec l’industrie automobile et l’économie ! ». Il a plaidé contre une augmentation des taxes sur le CO2 vu qu’aujourd’hui en Suisse, les émissions de CO2 par tête sont inférieures à la moyenne mondiale et que notre pays est responsable de tout juste 0,1 % des émissions de CO2 sur la planète.

Heinz Tännler a assurément des idées politiques compatibles avec l’économie. Le conseiller d’État et directeur des finances du canton hôte a transmis les salutations du gouvernement cantonal zougois. Le magistrat UDC sera lui-même candidat au Conseil des États cet automne. « Beaucoup de somptueuses voitures roulent dans le canton de Zoug. Vous pouvez y réaliser de bonnes affaires », explique Heinz Tännler aux garagistes présents. Le canton de Zoug en tant que place économique florissante a connu une « croissance démographique exorbitante » ces dernières années : « Cela nous place face à des défis en termes d’aménagement du territoire. » Il y a quelques semaines seulement, le Grand Conseil a renvoyé un postulat souhaitant déclarer l’urgence climatique à Zoug, a rappelé H. Tännler, qui n’a pas fait de mystère de son point de vue : « Vous avez maintenant une chose à faire : en octobre, lors des élections nationales, il faudra que vous glissiez le bon bulletin dans l’urne ! »

Les membres du comité central ont fourni des informations sur leurs secteurs d’activité respectifs. Dominique Kolly, responsable du secteur des véhicules utilitaires, a constaté que le stock d’utilitaires légers (jusqu’à 3,5 tonnes) augmente depuis des années, tandis que les camions restent stables à tout juste 50 000 unités. « Le moteur diesel est toujours la principale technologie de motorisation », note D. Kolly au sujet du débat autour des motorisations alternatives. Les valeurs-limites de CO2, qui seront également valables pour les véhicules utilitaires en 2020, tiennent lieu de défi. Aujourd’hui déjà, les utilitaires sont conçus pour avoir une grande efficacité énergétique. En outre, la marge de manœuvre des fabricants est faible sur le plan de l’aérodynamisme.

Markus Hesse (secteur du commerce) s’est lui aussi penché sur le thème des technologies de motorisation. Il a exigé des responsables politiques « des informations concrètes et durables ainsi que de l’objectivité en lieu et place des polémiques ». Il a ajouté que les incertitudes des consommateurs étaient également une opportunité pour les garagistes : « Nos clients nous font confiance et écoutent nos conseils. » Après avoir manqué de peu l’objectif fixé de 300 000 véhicules dans le commerce de voitures neuves en 2018, M. Hesse s’attend à une année 2019 stable. Durant les six premiers mois de l’année, les ventes de véhicules neufs ont progressé de 1,5 %. La proportion de véhicules 4x4 reste quant à elle en hausse. En revanche, les importations directes enregistrent un nouveau recul. M. Hesse : « Pour nous, les concessionnaires de marque, cela signifie que nous avons une structure de prix attrayante. »

Charles-Albert Hediger a jeté un regard rétrospectif sur les SwissSkills qui se sont déroulés en septembre à Berne, où l’UPSA a marqué sa présence avec les championnats des métiers et un grand stand. « L’UPSA a profité de cette manifestation exceptionnelle pour susciter l’intérêt de nombreux jeunes gens pour les métiers de l’automobile et les informer des opportunités dans notre secteur. »

Puis est arrivée la visite de l’avenir : René Degen, alias Dr Emmett Brown, a fait son entrée à bord de sa DeLorean de l’an 2070. « La mobilité a changé depuis 2019 », affirme-t-il. L’autopartage par exemple n’est plus un phénomène marginal, mais les garagistes suisses s’étaient bien préparés à cette tendance grâce à leur partenariat avec la société coopérative Mobility. Le principal message de R. Degen, alias Brown : « Demain aussi, ce sont les gens, et non les robots, qui auront la parole. »

De retour en 2019, Manfred Wellauer, vice-président, a présenté les chiffres financiers d’une association saine : avec des recettes de 14 millions de francs, le bénéfice annuel a atteint 15 000 francs, avec des provisions et des bénéfices exceptionnels pratiquement à l’équilibre. Pour l’exercice en cours, l’UPSA budgétise un bénéfice de près de 77 000 francs. « Vous pouvez avoir l’assurance que nous gérons les fonds de manière économe », affirme M. Wellauer aux 99 délégués. Les cotisations des membres demeurent inchangées.

Barbara Germann du sous-groupe Oberland bernois de l’UPSA a été élue à l’unanimité au comité central. Mariée et mère de deux enfants, ce n’est que la deuxième femme à faire partie de l’organe de direction suprême des garagistes suisses après Gisela Rohrbach (1998 à 2000).

Pour clore l’assemblée des délégués, Urs Wernli a invité André Hefti et Olivier Rihs à venir sur scène. Urs Wernli a remercié André Hefti pour son engagement de longue date pour le Salon de l’auto de Genève, qu’il a qualifié de « fête pour toute la branche ». En contrepartie, André Hefti a remercié les garagistes pour leur fidélité au salon, dont l’avenir ne sera pas simple : « Il y a des obstacles, mais je suis persuadé qu’Olivier saura les surmonter. » Olivier Rihs, son successeur, entrevoit plus d’opportunités que de risques pour le Salon de l’auto de Genève : « Demain, il y aura trois plates-formes de la mobilité individuelle dans le monde : une en Amérique du Nord, une en Asie et une en Europe. Nous avons une occasion unique de devenir cette plate-forme en Europe. »

Après près de 2 heures et demie, Urs Wernli a clôturé la 42e assemblée des délégués de l’UPSA et a proposé de venir prendre l’apéritif. À ce moment-là, les gros nuages à cause desquels des pluies violentes s’étaient abattues sur la Suisse centrale en début de matinée s’étaient dissipés, et le doux soleil de juin attendait les délégués et les hôtes devant l’Ägerihalle. Faut-il y voir un bon présage pour les garagistes suisses ?

Texte et photo: agvs-upsa.ch